Olympia ou la Mécanique des Sentiments


Dans un XIXe siècle rêvé, où la puissance de la vapeur fait flotter de majestueux dirigeables vers l’aube du Progrès, Othon, jeune chercheur surdoué, s’adonne secrètement à l’élaboration d’une poupée automate, censée représenter la féminité dans son essence la plus pure et la plus extraordinaire.

Coupé depuis toujours du monde extérieur par Lady Mary, sa mère omniprésente et féministe, Othon met toute son énergie dans cette quête afin de combler sa profonde solitude.

Si ses expériences donnent vie à des créatures hautes en couleur, celles-ci finissent inlassablement par tomber en panne, faute d’énergie suffisante.

Tombé fou amoureux d’Olympia, la dernière d’entre elles, Othon est au désespoir et sent son propre coeur s’arrêter lorsque celle-ci s’éteint. Parviendront-ils à réparer la mécanique de leurs sentiments ?

Composition

– Texte : Vanessa Callico
– Mise en scène : William Mesguich
– Création musicale : Jérôme Boudin Clauzel
– Avec : Estelle Andrea, Magali Palies et Luc-Emmanuel Betton
– Visuel : Senyphine

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ARTICLES DE PRESSE


Le laboratoire du savant – de Frankenstein (Mary Shelley) à Edison (Villiers de l’Isle-Adam) – est un lieu de fantasmes où la littérature, au XIXe siècle, a recréé le mythe prométhéen de l’être idéal. Dans son conte L’Homme au sable, l’une des œuvres les plus fortes de la littérature fantastique, E.T.A. Hoffmann évoque la fascination qu’exerce la poupée mécanique Olympia. Offenbach, dans son opéra Les Contes d’Hoffmann traduisait vocalement la beauté parfaite de cette créature davantage capable de faire naître l’émotion qu’un être de chair et de sang.
Voix merveilleuses et monde monstrueux
À leur tour, le compositeur Jérôme Boudin-Clauzel, l’auteure Vanessa Callico et le metteur en scène William Mesguich font du laboratoire une « antre musicale où se seraient donnés rendez-vous Docteur Jekyll et Mister Love, Frankenstein et les héros tragiques de Freaks ou Tim Burton, un monde magique et monstrueux dans lequel des voix merveilleuses sonnent, tonnent, ici, à l’unisson d’un orgue monumental, là, comme une réplique troublée des Contes d’Hoffmann ». Trois chanteurs – la mezzo Magali Paliès, dans le rôle d’Olympia la soprano Estelle Andrea, et le contre-ténor Luc-Emmanuel Betton -, accompagnés par un trio instrumental emmené par le compositeur, portent cette fantaisie musicale qui s’inscrit dans l’héritage de l’opéra-comique et de la comédie musicale.
J.-G. Lebrun
Journal culturel La Terrasse
Dimanche 4 décembre, alléché par l’annonce dans La Terrasse, j’ai pris 10 billets. Spectacle excellent par une troupe homogène. 
Que de talents! Que de travail pour tant de sourires.
Pour nous, l’âge des spectateurs s’échelonnait entre 7 et 70 ans, tous furent enchantés. On a beaucoup ri, certains eurent un peu peur!
Belle partition, belle mise en scène. Friandise dominicale.
Denis, spectateur
Vu, entendu, et reçu en pleine figure dimanche 11 décembre « Olympia ou la mécanique des sentiments », première oeuvre théâtrale de la très jeune Vanessa Callico, dans une mise en scène extravagante et ébouriffante du confirmé (et cinglé) William Mesguich. Sa mise en scène est « folle », tonique, ultra-exigeante, bravo à lui et toutes mes condoléances aux comédiens ! ?
Olympia c’est d’abord une affiche, pour une fois respectueuse de l’oeuvre et fidèle à son univers dans lequel on retrouve du Jules Verne, du Mary Shelley de Frankenstein, du Kenneth Branagh. Les décors de Camille Ansquer et Jean-Maurice Dutriaux, les lumières, les costumes d’Alice Touvet et… la musique si joliment « française » de Jérôme Boudin Clauzel (on cite Poulenc ou Debussy), tout et tous concourrent à créer un univers sonore et visuel… fabuleux.
Je venais applaudir une pièce, je me suis pris en pleine face un sublime OTNI, du théâtre lyrique, dans la tradition de notre opéra-comique à la française. Trois géniaux comédiens-chanteurs (ou bien serait-ce le contraire ?), Magali Palies (mezzo), Estelle Andrea (soprano) et un magnifique contre-ténor, Luc-Emmanuel Betton, font le « show ».
Sur scène, le compositeur est au piano, accompagné de deux superbes musiciennes, Mimi Brundin Sunnerstam au violoncelle et Anne Leforestier à la clarinette.
Au fait, le public comptait beaucoup d’enfants. J’avais peur… Et bien non ! Ils ont tous été concentrés et ravis du début à la fin. Et ont applaudi plus fort que tous les adultes réunis.
Joli succès, William, Vanessa, Jérôme, vous avez un fabuleux bijou entre les mains. Ramenez-le nous rapidement !
Effectivement, Olympia, hormis deux dates en 2017 à Joinville et à Meaux, ne se jouera qu’à Avignon au Théâtre du Balcon. En attendant une magnifique reprise dans une salle parisienne !
Jean-Paul Moroge
« Ce n’est pas tout à fait de l’opéra, ce n’est pas non plus du théâtre, ni de la comédie musicale. Comment, donc, qualifier cet ovni artistique ? S’appuyant sur le vaste héritage des genres lyriques et dramatiques, Olympia ou la Mécanique des sentiments propose une forme de « théâtre lyrique » originale, éclectique et accessible à tous les publics.Dans le fantasme d’un XIXe siècle anglais rétro-futuriste, Othon, jeune génie-savant fou aux accents de Docteur Frankenstein, est tenu enfermé par sa mère, la froide et sévère Lady Mary. Dans sa chambre-laboratoire, il tente secrètement d’inventer une automate qui serait la femme parfaite.
Cette ambiance steampunk, à la fois sombre, poétique et décalée, ne manque pas de rappeler aussi bien les travaux de Jules Verne que ceux de Tim Burton ou encore Stéphane Berla et Mathias Malzieu dans leur film d’animation Jack et la Mécanique du Coeur. C’est dans un décor de cuivre qu’évoluent les trois chanteurs-comédiens tandis que le trio musical (violoncelle, piano et clarinette) fait surgir les sonorités du coeur d’une énorme machine qui les voile à demi. La musique, composée par Jérôme Boudin-Clauzel, est inspirée de toutes les époques, contribuant à rendre uchronique cette création dont les rythmes et les genres varient en permanence.
Balançant sans cesse du rire à l’angoisse, de l’enthousiasme au spleen, mais toujours dans une bulle de rêve, le spectacle nous donne à voir la difficulté des relations humaines entre des personnages qui, tous, portent une profonde blessure. Comment le marginal peut-il vaincre sa solitude et son manque d’affection ? Comment la mère, malgré ses airs de manipulatrice possessive, peut-elle protéger son fragile enfant ? Comment, enfin, Olympia, la jeune journaliste, peut-elle percer le secret du génial Othon et par là-même soigner sa propre blessure ? L’histoire, dont le texte est signé Vanessa Callico, a le suspens d’une enquête fantastique et les questionnements d’un conte initiatique. Dans un monde de révolution industrielle où tout est mécanisé, comment apprivoiser cette illogique « mécanique » des sentiments ? Et si « la femme » qui manque ne pouvait jamais être remplacée par superbes automates inspirées des Contes d’Hoffmann ?
On retrouve aisément, dans cette mise en scène, l’univers si particulier de William Mesguich – une intelligence au service du rêve, métissée de décalages, de drôlerie, d’émerveillement où se dessine pourtant dans l’ombre une certaine mélancolie. Le personnage d’Othon est si marqué de sa patte qu’il lui semble par moments un double sur scène: image d’un créateur passionné mû par une folie joyeuse et grave. Le contre-ténor Luc-Emmanuel Betton sert magnifiquement ce rôle sensible et original. Toujours sous tension, il compose un personnage attachant qui oscille entre l’enfant mécaniquement soumis à sa mère et le jeune homme avide de découvertes. A ses côtés, Magali Paliès, mezzo-soprano, donne des frissons à chacune des ses apparitions en Lady Mary, ce noir rapace, droite et froide comme une tour de cathédrale gothique qui absorberait toute la lumière alentour. Saluons aussi sa performance hallucinante en automate à double-visage et double-personnalité, d’une précision frappante. Enfin, la soprano Estelle Andrea est également très touchante dans le rôle de la journaliste Olympia, un personnage plus sobre dont la délicatesse complète le tableau haut en couleurs des autres protagonistes.
Une œuvre inclassable, idéale pour faire découvrir le chant lyrique aux plus jeunes, et faire voyager avec bonheur les spectateurs de tout âge.  »
Théâtre Actu, Ondine Bérenger